Paludisme et VIH/SIDA: ce qu’il faudrait savoir

Posted on avril 26, 2009. Filed under: Non classé | Étiquettes : |

L’Afrique est le continent le plus touché par l’infection à VIH au regard des statistiques fournies par l’ONU/SIDA. Le paludisme constitue un véritable fléau sur notre continent, car elle une des premières causes de consultation dans les formations sanitaires, cette situation est d’avantage plus critique  au sud du Sahara. Environ 75% de cas de paludisme à falciparum (type le plus dangereux) sont enregistrés dans cette zone du continent.

 

Toutes les 30 secondes, un enfant meurt du paludisme en Afrique et 90% de demi de milliard de cas sont enregistrés en Afrique. Des études ont prouvé qu’il existe un lien entre le paludisme et le VIH/SIDA.

 

En Afrique, les femmes et les enfants restent parmi les groupes les plus vulnérables aux trois maladies. Dans un certain nombre de pays, les systèmes de protection sociaux sont faibles ou inexistants, tandis que les défis de systèmes de santé, tels que les infrastructures sont faibles. Il s’avère nécessaire de les renforcer.

 

Par exemple, l’infection de paludisme pendant la grossesse peut augmenter le risque de transmission du VIH de la mère à enfant.

  • Quel est alors le lien entre le VIH/SIDA et le paludisme ?
  • Quels sont les effets du paludisme sur le développement socio-économique de l’Afrique ?
  • Qu’est ce que le Réseau Santé Afrique réalise dans le domaine de la lutte anti-paludique ?

 

Paludisme et VIH/SIDA

 

Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes en Afrique et entre 1 et 3 millions de personnes par an, selon les estimations de l’OMS. Deux milliards d’individus, soit 40% de la population mondiale, sont exposés et on estime à 500 millions le nombre de cas cliniques survenant chaque année.

 

Un autre tableau peu éblouissant est la pandémie du VIH en Afrique, son impact sur la population a d’énormes conséquences. De nos jours, il existe des études qui ont mis en évidence d’interaction significative entre le paludisme et le VIH/SIDA, il existe aujourd’hui des preuves solides que de telles interactions existent. Elles se divisent en deux groupes : l’impact du paludisme sur le VIH/SIDA et l’impact du VIH/ SIDA sur le paludisme.

 

Ø       Les effets du paludisme sur les adultes et les enfants infectés par le  VIH:

Le paludisme[1] contribue à l’augmentation de la charge virale chez les adultes séropositifs qui ne reçoivent aucun traitement.

Chez les adultes, le VIH/SIDA accroît le risque de contracter le paludisme et d’en mourir. Il peut également rendre les traitements antipaludéens inefficaces, ce risque étant d’autant plus grand chez les personnes séropositives très immunodéprimées.

Chez les enfants, l’infection à VIH fait monter la fièvre paludéenne, aggrave le paludisme parfois jusqu’au coma. La densité du parasite dans le sang est plus grande chez les enfants très immunodéprimés.

Ø      Les effets du paludisme sur les femmes enceintes infectées par le  VIH:

Chez les femmes enceintes, le VIH augmente le risque d’attraper le paludisme et en accroît la gravité; la présence du parasite sera ensuite plus élevée dans le placenta.

Le paludisme chez les femmes enceintes infectées par le VIH peut aussi accroître les risques de transmission de mère à l’enfant pendant la grossesse, la période du  travail ainsi que l’allaitement comme une conséquence d’une augmentation de la charge virale dans le sang.

Les traitements qu’ils soient prophylactiques ou autres,  seront moins efficaces. L’enfant risque de naître prématuré, d’avoir un poids trop faible à la naissance et de souffrir d’anémie. Dans les zones endémiques où la population a développé une immunité contre le paludisme, la maladie y est d’autant plus grave. C’est notamment le cas chez les adultes et les femmes en fin de grossesse. La situation est moins claire concernant les enfants.

 

Effets socio économiques du paludisme en Afrique

Dans de nombreux pays en développement, le paludisme est l’un des premiers problèmes de santé publique.

Ø      Le paludisme est une maladie de la pauvreté

La majorité des  pays africains ne disposent pas d’infrastructures et lutter contre le paludisme de façon durable. Aujourd’hui, nous avons qu’en Afrique, le paludisme est à la fois une maladie de la pauvreté et une cause de la pauvreté. La croissance économique des pays de forte transmission a toujours été inférieure à celle des pays épargnés par le paludisme. Le paludisme entrave donc sérieusement le développement économique.

Le paludisme est intimement lié à la pauvreté, il en est à la fois une des causes et une de ses conséquences. Le paludisme est une maladie particulièrement tenace dans les pays les plus pauvres où il touche en priorité les populations à faible revenu ou vivant en zones rurales où l’accès à l’information et aux soins est pratiquement inexistant.

Ø      Le paludisme a des conséquences énormes sur l’économie

A la mort et aux souffrances, s’ajoute le poids économique que représente l’achat de moustiquaires, le paiement des honoraires du médecin et des traitements ainsi que le prix du transport jusqu’aux centres de santé, souvent à la charge des familles.

Ces dépenses grèvent lourdement les ressources des ménages. Les économistes imputent au paludisme un déficit de croissance annuelle pouvant atteindre 1,3% dans certains pays d’Afrique. La malaria peut représenter jusqu’à 40% des dépenses de santé publique, 30-50% des admissions hospitalières et jusqu’à 50% des consultations externes (ambulatoires).

Le paludisme coûte à l’Afrique plus de 12 milliards $US par an en perte de PIB. En Afrique, le paludisme affecte aussi directement les ressources humaines. Outre des vies perdues et une baisse de productivité due à la maladie et aux décès prématurés, le paludisme entrave également la scolarité des enfants et le développement social en raison de l’absentéisme et des atteintes neurologiques permanentes.

Ø      L’urgence pour une lutte contre le paludisme effective et impliquant les communautés

Pour donc un développement socio – économique de l’Afrique, il faudrait donc un plus engagement et de mobilisation de ressources des états africains et de la société civile pour renforcer la lutte antipaludique au même titre que certains fléaux comme le VIH/SIDA.

Un engagement communautaire pour la  lutte contre le paludisme au même titre que le VIH/SIDA est urgent

Dans la lutte contre le paludisme, nous enregistrons un faible engagement du monde communautaire ; qui pourtant peut utiliser l’expérience acquise dans la lutte contre le VIH/SIDA pour lutter contre les deux maladies.

Ø      Le paludisme : première cause de mortalité en Afrique

A la lumière des statistiques fournies par l’OMS, le paludisme constitue la première cause de mortalité en Afrique. Ainsi, il y a donc la nécessité d’un engagement communautaire auprès des professionnels de la santé public pour renforcer, la prévention, le plaidoyer et pour une plus grande mobilisation des ressources au profit de la lutte contre le paludisme.

Ø      Capitaliser les expériences dans la lutte contre le VIH/SIDA pour lutter contre le paludisme

 Cela pourra être fait en tirant leçon des bons résultats engrangés par le monde communautaire dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA (baisse de taux de séroprévalence, plaidoyer pour l’accès au traitement, renforcement de la prise en charge des PVVIH …). De tels engagements permettront de renforcer la réduction de nouveaux cas de paludisme et d’intégrer la question de la lutte antipaludique dans les activités de la société civile.

Recommandations :

  • La fourniture de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII), de préférence  des moustiquaires avec insecticide de longue durée,  et le traitement rapide et efficace du paludisme doit faire partie de l’ensemble de soins
    pour les personnes vivant avec le VIH, ainsi que des conseils et des offres de dépistage du VIH pour les adultes qui souffrent fréquemment du paludisme.
  • Les services de santé reproductive doivent être renforcées pour fournir des soins prénataux de qualité  qui comprennent un ensemble minimum d’interventions à la fois pour la prévention du VIH et du paludisme.
  • Fournir des services de santé intégrés dans les zones fortement touchées par le paludisme et le VIH est  essentiel pour la réduction de du poids de ces deux maladies. Malgré les recommandations que
    des interventions VIH/SIDA travaillent en collaboration  avec celles du  paludisme et la tuberculose, dans la pratique en de nombreux endroits
    ils continuent d’être traitées séparément.
  • Il faut des lignes directrices claires à la fois pour la prévention de l’anémie sévère et de l’usage approprié des transfusions sanguines dans les zones endémiques du paludisme  afin de limiter la transmission du VIH liée à la transfusion sanguine.

Célestin Compaoré, SOS Jeunesse et Défis, Burkina Faso

Sylvie Niombo, AZUR Développement, Congo


 

[1] HIV and malaria fact sheet, Malaria Consortium

 

 

 

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