L’espoir est permis pour une réduction des nouveaux cas de paludisme au Burkina Faso.

Posted on avril 26, 2009. Filed under: Non classé |

Le Burkina Faso à l’instar de la plupart des pays en Afrique de l’ouest est confronté à l’épidémie du paludisme. Au Burkina le paludisme constitue la première cause de consultation et d’hospitalisation et de décès dans les formations sanitaires. Le paludisme est devenu un problème de santé publique de part son ampleur et sa gravité?

 

  • La situation du paludisme au Burkina Faso

 

Au Burkina Faso, le profil épidémiologique reste dominé par les maladies transmissibles infectieuses dont le paludisme. Selon les données statistiques du système national d’information sanitaire, le paludisme est la première cause de consultation (35,12%), d’hospitalisation (40,83%) et de décès (37,5%) et   1 877 622 cas de paludisme dont 261 927 graves ont été enregistrés en 2005 sur une population estimée à plus de 10 000 000 d’habitants dans la même année. Le nombre élevé de décès du au paludisme s’explique entre autre par la faible fréquentation des formations sanitaires, la faible couverture en moustiquaires imprégnés traitées aux insecticides traitées (MTI), l’insuffisance des activités de communication de proximité en matière de lutte contre le paludisme.

 

Sur le plan de l’administration des soins par les services de santé l’état de la situation du personnel soignant selon les ratios des personnels dans le cadre du PNDS 2001-2010 se compose comme suit :

-1 médecin pour30086 habitants

-1churgien dentiste pour 358 711 habitants

-1pharmacien pour 369 9241 habitants

-1 infirmier pour 3711 habitants

-1 sage femme pour 24 869 habitants.

 

Cette situation reflète l’insuffisance du personnel de la santé par rapport au besoin de soins par rapport à une population générale estimée à plus de 12 000 000 d’habitants en 2006(sourceRGPH2006).Bien que  le personnel soit qualifié il demeure insuffisant.

 

Sur le plan socio économique le Burkina Faso est confronté à un environnement économique difficile depuis plusieurs décennies. Avec un produit national brut(PNB) par habitant estimé en 2002 de 268$US, un des plus faible au monde. Aussi, selon l’enquête sur les conditions de vie des ménages de 2003, 46,4% de la  population vit en dessous du seuil de pauvreté. L’économie du pays est basée sur l’agriculture et l’élevage qui occupe les trois quarts de la population. Cette population de part ces activités agricoles et d’élevage se retrouvent touchée par le paludisme car la période de grands travaux champêtres sont également des périodes de recrudescence du paludisme au Burkina. Ainsi cela provoque une baisse des productions dans certaines localités, surtout les zones les plus touchées par le palu. Cette situation est d’autant plus accrue au niveau des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans.

 

Face donc à ce fardeau, le Burkina Faso a mis en place un Programme National de Lutte contre le paludisme en 1991 et restructuré en 1995, qui  coordonne les actions de lutte contre le paludisme dans le pays.  

 

  •  
    • Les actions menées  par le programme national de lutte contre le paludisme sur le terrain

 

Le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP)  est rattaché à la direction de la lutte contre la maladie (DLM) du Ministère de la santé. Il est  chargé de :

– coordonner les activités de lutte contre le paludisme,

– favoriser les activités de lutte contre le paludisme,

– assurer l’approvisionnement régulier en matériels imprégnés, et

– établir les protocoles thérapeutiques.

 

En outre, le programme national de lutte contre le paludisme a également élaboré des documents stratégiques de lutte contre le paludisme au niveau national et international dont :

– la stratégie de promotion de l’utilisation des matériaux traités aux insecticides ;

 

– le plan stratégique national de lutte contre le paludisme 2002-2005 ; et celui de 2006-2010 ;

 

– le plan stratégique 2005-2007 pour la mise à l’échelle nationale des interventions à Base communautaire (IBC); et

 

-le plan de mise en œuvre de la nouvelle politique de traitement antipaludique 2005-2006.

 

Les acteurs de la de lutte contre le paludisme au Burkina Faso trouvent les orientations dans ces divers documents. En dehors de ces  attributions, le PNLP appui les structures communautaires dans la mobilisation des ressources, le plaidoyer et l’accompagnement technique dans la mise en œuvre des activités en matière de lutte contre le paludisme.

 

L’ensemble onc des différents plans stratégiques ont été élaborés avec la participation des organisations de la société civile ainsi que leurs mises en œuvre. Aussi, la société civile a participé à l’évaluation des plans stratégiques sur le paludisme. Cependant, la participation des organisations communautaires mérite d’être renforcée.

 

 

 

Aussi, il faut noter l’implication du secteur privé dans la lutte contre le paludisme à travers des prestations de soins assuré par le secteur sanitaire privé, l’approvisionnement et la distribution de moustiquaires imprégnés, de médicaments antipaludique assuré par le secteur pharmaceutique et la confection et vente de moustiquaires imprégnés et non imprégnés par le secteur informel.

 

Les financements de la lutte contre le paludisme au Burkina Faso sont pour la plus des subventions des partenaires au développement et de la coopération bilatérale. Le budget de l’Etat est très infirme en la matière. Le tableau si après présente la contribution du budget de l’Eta de 2002 à 2005.

 

 

Tableau des contributions de l’Etat et des partenaires

 

Sources de financement

Montants des contributions en francs CFA

2002

2003

2004

2005

Total

Budget de l’Etat

23 8777 376

26 433 376

33 693 616

40 473 616

124 477 984

PPTE

20 000 000

49 350 000

65 000 000

15 600 000

149 950 000

S/total national

43 877 376

75 783 376

98 693 616

56 073 616

274 427 984

OMS

120 850 448

71 536 499

551 435 330

195 955 695

939 777 972

UNICEF

17 238 840

25 306 580

32 750 000

75 295 420

Fonds Mondial

1 462 756 500

2 096 779 000

3 559 535 500

JICA

100 000 000

100 000 000

200 000 000

PSI

26 827 776

5 000 032

31 827 808

Pays Bas

7 623 664

7 623 664

Plan Burkina

50 487 019

176 870 055

76 952 700

174 930 660

319 240 434

Rotary International

2 500 000

2 500 000

S/Total partenaires

171 337 467

108 145 394

2 243 278 886

2 613 039 051

5 135 800 798

Total général

215 214 843

183 928 770

2 341 972 502

2 669 112 667

5 410 228 782

 

 

  • Les faiblesses du Programme national de lutte contre le paludisme

 

Les faiblesses de ce programme qui ont été identifiées à l’issue de l’évaluation de son premier plan d’action stratégique 2005-2006  par la société civile et le programme national de lutte contre le paludisme sont entre autres comme suit.

 

         Le coût élevé de la prise en charge du paludisme grave dans les structures de santé.

 

         La faible couverture en moustiquaires traitées aux (MTI) dans l’ensemble des formations sanitaires et autres centres communautaires anti paludique liée essentiellement à l’insuffisance de financement pour l’approvisionnement et la distribution et au coût élevé des moustiquaires.

 

 

         L’insuffisance du personnel du programme national de lutte contre le paludisme.

 

         Le faible niveau de mise en œuvre des activités de plaidoyer  par les organisations de la société civile et de l’Etat pour la mise en œuvre des actions de lutte contre le paludisme.

 

         Le faible statut institutionnel du programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) au sein du ministère de la santé  du au fait que ce programme est rattaché à une direction et n’est pas totalement libre dans la conduite des activités.

 

         La faiblesse et la mauvaise répartition des ressources humaines.

 

         L’insuffisance du budget alloué par l’Etat pour le fonctionnement du programme national de lutte contre le paludisme.

 

         La faible performance du cadre de concertation avec les partenaires.

 

         La mise en œuvre limitée des interventions de prise en charge au niveau  communautaire. Cela donc s’explique par l’absence d’actions continues et pérennes au niveau communautaire pour la lutte antipaludique et la prise en charge des cas de paludisme grave.

 

         La faible collaboration avec les mairies pour le traitement des déchets  et des problèmes d’assainissement.

 

·         Les stratégies mises en place pour améliorer l’efficacité du Programme national de lutte contre le paludisme

 

Afin d’améliorer l’efficacité du programme national de lutte contre le paludisme au Burkina Faso, il a été mis en place un plan stratégique de lutte contre le paludisme 2006-2010. Pour donc atteinte de ces résultats et pour une meilleure efficacité de ce programme,  les orientations stratégiques avec une forte implication et une clarification des  interventions à base communautaire (IBC) par la clarification du statut et rôle des relais communautaires.

 

Les orientations stratégiques sont :

 

         rendre disponible et accessible le traitement  aux Centres de Traitement Ambulatoires (CTA) au niveau des formations sanitaires et de communauté;

 

         rendre accessible le traitement du paludisme grave dans les centres de référence;

 

         accélérer le passage à l’échelle de la prise en  charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME);

 

         promouvoir  la lutte  intégrée contre les vecteurs (LIV);

 

         rendre disponible et accessible les MTI à travers différents canaux (secteur public et privé);

 

         mettre à l’échelle le TPI (Traitement Préventif Intermittent) chez l’enfant  et la femme enceinte;

 

         renforcer le plaidoyer, la mobilisation sociale et communautaire pour le changement de comportement à travers la mise en œuvre d’activités de communication de proximité;

 

         renforcer le partenariat et la collaboration multisectorielle dans la lutte contre le paludisme;

 

         orienter les domaines de recherche adaptés aux besoins de gestion du programme;

 

         contribuer à la réalisation de travaux de recherche sur le paludisme. Cela permettra d’intensifier les recherches sur le paludisme et de combler l’insuffisance de documentations et de résultats de recherche sur le paludisme au Burkina Faso ; et

 

         renforcer le système de suivi évaluation.

 

  • Les recommandations

 

Dans un souci de renforcer la lutte contre le paludisme au Burkina Faso, nous proposons les recommandations suivantes :

 

Ø      Au programme national de lutte contre le paludisme

 

         Renforcer la  participation communautaire dans le domaine de la lutte contre le paludisme.

 

         Impliquer davantage les acteurs communautaires dans le domaine du suivi de l’état d’exécution des différents plans stratégiques.

 

         Renforcer le dispositif de plaidoyer  pour une plus grande mobilisation des ressources en faveur de la lutte contre le paludisme.

 

Ø      Aux organisations de la société civile

 

– Renforcer les actions de préventions sur le paludisme.

 

– Mettre en place une coalition d’association sur le paludisme pour un renforcement du plaidoyer.

 

 

 

– Renforcer l’implication de la société civile et plus spécifiquement les organisations de femmes dans la lutte anti-paludique.

 

                                                -o-

 

En dépit donc des faiblesses et des difficultés rencontrées par le programme national de lutte contre le paludisme dans la conduite des activités de lutte contre le paludisme, il faudrait noter qu’il y a un grand engagement de l’Etat dans la lutte antipaludique. Les actions du monde associatif s’accroissement avec l’appui du Fonds Mondial à travers le PAMAC. Avec de tels engagements, l’espoir est permis pour une réduction des nouveaux cas de paludisme au Burkina Faso.

 

Célestin Compaoré, SOS Jeunesse et Défis, Burkina Faso

 

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